LES RAISONS DE LA CRISE...



Crise nationale, Crise internationale, Crise Mondiale....

Cette notion de crise emplit nos écrans, faillite d'Entreprises, faillite des Banques, chute de la Bourse, le mot crise résonne à nos oreilles comme le glas d'une faillite générale de tout le système financier de notre planète.

La crise nous la subissons toutes et tous, mais pourquoi et comment le système s'est effondré?

Nous allons essayer d'expliquer simplement l'ensemble des phénomènes responsables de ce séisme....
 
Un système économique tronqué…
Le libéralisme économique à outrance en vigueur dans nos modèles de sociétes a engagé des recherches de profits par tous les moyens possibles.
L’endettement majeur des Etats et des foyers a accentué le déséquilibre financier provoqué par le recours systématique au crédit.
 
Aux USA éclate alors la crise dite des subprimes:
 
Depuis 2002, la Banque Centrale Américaine ou Réserve fédérale (FED), qui encourage le crédit facile pour relancer l'économie, a permis à des millions de foyers modestes de devenir propriétaires, moyennant des prêts à surprime dits "subprimes" : bas au début, leur taux variable peut atteindre 18 % au bout de 3 ans.

Aux U.S.A les taux d'intérêts de ces prêts dépendent de la valeur du bien immobilier : plus la maison a de la valeur, plus le taux est bas.

Inversement,
quand la maison perd de la valeur, le taux d'intérêt grimpe.
 
En plus de prêter à un taux bas, les crédits étaient rechargeables, c’est-à-dire que régulièrement on prenait en compte la hausse de la valeur du bien, et on autorisait l’emprunteur à se ré- endetter du montant de la progression de la valeur de son patrimoine.
Les crédits « subprime » ont été gagés par une hypothèque sur le logement acheté, l’idée étant que les prix de l’immobilier aux Etats-Unis ne pouvaient que grimper.

Dans ces conditions, une défaillance de l’emprunteur
devait être plus que compensée par la vente du bien
hypothéqué...

 Une particularité de base: Des taux variables basés sur le taux directeur:

Autre caractéristique, ces crédits ont été souvent
accordés avec des taux variables. Plus précisément, les charges financières de remboursement étaient au démarrage très allégées pour attirer l’emprunteur.
 Elles augmentaient au bout
de 2 ou 3 ans et le taux d’emprunt était indexé sur le
taux directeur de la F.E.D. ( équivalent de la Banque Centrale US).

Les problèmes commencent à arriver: 

1) Augmentation du taux directeur de la banque centrale
La Banque Centrale a progressivement relevé ses taux de 1 % en 2004 à plus de 5 % en 2006 pour tenir compte de l’évolution de l’inflation et de la croissance américaine.
 Les charges financières des emprunts se sont considérablement alourdies.
 Un nombre croissant de ménages n’a pu faire face.

2) L’immobilier chute :
Les prix de l’immobilier ont fini par retourner à la baisse dans l’ensemble des Etats-Unis.
 Résultat : la valeur des habitations est devenue inférieure à la valeur des crédits qu’elles étaient supposées garantir.
L’afflux des défaillances des emprunteurs et des reventes de leurs maisons hypothéquées a accéléré la baisse des prix de l’immobilier.
 Les pertes se sont donc accumulées également du côté des prêteurs.

 
Des établissements de crédit spécialisés se sont, les premiers, retrouvés en difficulté
.

Devant les difficultés croissantes ces établissements vont diversifier leurs gestion des risques en faisant recours à la pratique de la titrisation:

 En bref :Le déclencheur de la crise se situe donc dans un sous-
compartiment du marché immobilier américain, ce sous-compartiment du crédit hypothécaire à taux variable subprime.


 
Les établissements spécialisés dans le crédit « subprime »
ont été directement et logiquement touchés.
Ils ont en effet eu recours massivement à un montage financier appelé:
la titrisation ( d’une façon générale, c’est le fait d’incorporer une créance dans un titre) qui permet de
comprendre pourquoi et comment la contagion s’est opérée.

Mais qu’est ce que la titrisation ?
La titrisation consiste à transformer des crédits distribués par une banque en titres de créances (obligations) qu’un investisseur peut acheter et vendre à tout moment.
 On dit que ces obligations sont adossées à un portefeuille d’actifs.

 Les banques émettrices des crédits créent des sociétés
intermédiaires dans lesquelles ces crédits constituent les actifs (plus couramment, l’ensemble des biens corporels ou incorporels d’une personne physique ou morale) et qui émettent en contrepartie des obligations qui constituent le
passif.

Les avantages perçus de la titrisation :
 Pour les Banques:
Les banques ont mutualisé leurs risques en les dispersant, ce qui est un réel avantage.
Par contre, comme inconvénient, plus personne ne sait vraiment qui détient les crédits, et à quelle hauteur.
l'autre avantage pour la Banque est qu’elle n’a pas à porter les crédits.
 
Elle les sort de son bilan.
 Elle n’a pas à constituer un capital en réserve pour le cas où des difficultés de remboursement se présenteraient (règles prudentes concernant les fonds propres), et peut plus facilement consentir de nouveaux crédits.

Concernant
les investisseurs qui achètent ses titres (il peut s’agir de ces mêmes banques ou d’autres banques, de fonds de pension, de hedge funds etc…) ils peuvent espérer un très bon couplage rendement / risque sur les obligations...
 
Pour l’économie en général, les risques pris à l’origine par la banque sont reportés sur un plus grand nombre d’investisseurs. En cas de choc, celui-ci est en principe mieux absorbé.

Cette mutation de la titrisation a ainsi permis le
financement de la forte croissance des Etas-Unis et de l’ensemble du monde après la sortie de la crise boursière des valeurs « internet ».
 
Avec le recours à la  titrisation, la vigilance des banques et des courtiers immobiliers qui ont initié les crédits aux ménages, a été moins importante sur la capacité de ces derniers à rembourser correctement leur emprunt.
 
Dans le cas des banques, se considérant comme non pénalisées en cas d’imprudences dans leur opérations, elles prennent plus de risques lors de l’octroi de crédits ou de l’exécution d’opérations de marché .

La complexité du système financier échappe peu à peu au contrôle des Banques à l'origine des prêts immobiliers ! ...


 Les banques d’affaires qui organisent la titrisation regroupent des « paquets » de crédits.

.Elles ont constitué des « paquets de crédits »
« subprime », mais aussi des paquets mixtes, mélangeant des crédits subprime avec d’autres crédits hypothécaires, ou avec des
crédits destinés à d’autres financements.
 
Les risques de défaillance de ces « paquets » étaient supposés être inférieurs à ceux des crédits pris un par un.

C’est ce qui permet d’obtenir une très bonne
notation de la part des agences de notation
sur les obligations émises en contrepartie ...

Cette analyse se révéla être une énorme erreur de jugement !
 
 En effet, les risques mis en paquets n’étaient pas indépendants, mais interdépendants car tous liés au marché immobilier américain.

La baisse des prix de l’immobilier américain a
entraîné un effondrement massif de la valeur des
actifs.

 Facteur aggravant supplémentaire, les investisseurs qui ont acheté les obligations n’ont pas tous acheté en payant comptant, mais en s’endettant à leur tour pour bénéficier de l’effet de levier (mesure de gain espéré d’une opération financière par rapport à l’investisseur de base :on parle d’opération à effet de levier) d’un endettement à bas taux d’intérêt.

RESUMONS NOUS: 

 Avec l’effondrement du marché de l’immobilier aux USA,
 Les ménages n'ayant plus les moyens de rembourser les instituts de crédit, leur défaillance a provoqué la faillite des établissements prêteurs, qui n'ont plus pu se rembourser.
 Car même en saisissant la maison, celle-ci a désormais une valeur inférieure à celle de départ. Et ce n'est que le début du mécanisme de contamination. 

 Les Banques avaient
été nombreuses à investir dans ces établissements prêteurs, véritables mines d'or lorsque le marché immobilier était en bonne santé.
Mais aujourd'hui, les fonds investis sont partis en fumée.

 
Pour compenser les pertes d'argent sur le marché immobilier, les banques sont obligées de vendre leurs actions.

 
Or, ces cessions massives d'actifs de la part des banques
provoquent aussi la chute des valeurs sur les marchés
financiers dans le monde entier..
 
De grands établissements bancaires, comme BNP-Paribas en France ou IKB en Allemagne, ont perdu une bonne partie de leurs placements dans la crise des "subprimes" américains en 2007.

 
Par ailleurs, l'annonce de la faillite de plusieurs
banques outre-Atlantique et des difficultés de la première banque française a provoqué une crise de confiance sur les marchés financiers européens
.
 
Les banques se soupçonnent les unes les autres d'être contaminées par la crise des "subprimes" et refusent, par précaution, de se prêter de l'argent.

 
Si bien que, rapidement, certains
établissements bancaires ont manqué de liquidité et n'ont plus été capables d'honorer
leurs engagements financiers.
 
Toutes les banques du monde sont liées par des accords financiers, la crise se propage très vite jusqu'en Asie à l'été 2007.

 
Afin de pallier ce manque de liquidité, certains établissements
bancaires n'ont plus qu'une seule solution : vendre leurs
actions et obligations.

 
Réagissant en nombre et sur un cours laps de temps, ces banques provoquent donc une chute brutale des valeurs boursières :


 
le CAC 40 est touché, l'ensemble des places boursières
européennes dévissent, suivies de près par les bourses
asiatiques.

 Le système bancaire est alors au bord de l'asphyxie, un vent de paniquesouffle sur les places boursières : seule une intervention des banques centrales apparaît comme une solution à cette tempête financière.

 Et n
ous ne sommes alors qu'en 2007, loin de la seconde crise qui va frapper
la finance mondiale en 2008...

Une deuxième dérive des marchés opaques financiers éclate de façon brutale: Les Hedge Funds...
 
Les hedge funds sont des fonds d’investissement d’un type particulier...
 Il n’existe pas de définition légale, précise et formelle du terme. Le terme lui-même est trompeur.

 
La traduction littérale en français est « fonds de
couverture », c’est-à-dire se livrant à des placements de protection contre les fluctuations des marchés
considérés.
Ils sont peu ou pas réglementés.

 A la différence des
fonds d’investissement destinés au grand public, une part importante des fonds peut être investie en actifs illiquides ou complexes.

Ils utilisent massivement les
techniques permettant de spéculer sur l’évolution des marchés, à la baisse comme à la hausse (utilisation massive de produits dérivés, de la vente à découvert et de l’effet de levier). Ils sont peu transparents et
souvent implantés dans les paradis fiscaux.

Au cours des dix dernières années, les hedge funds ont enregistré une croissance rapide. On estime qu’aujourd’hui près de 10 000 fonds sont opérationnels dans le monde et qu’ils gèrent 1 426 milliards de dollars d’actifs, soit plus de 700 % de plus qu’en 1995 !

Jusqu’à présent ces hedge funds n’étaient pas
ou très peu encadrés, aucune autorité (Gendarme de la Bourse) ne les contrôle.
Aux Usa , ils n’étaient pas tenus de s’enregistrer auprès de la S.EC.( Gendarme de la Bourse US). 

 
Les opérations de spéculation étant libres, le système a engendré des dérives graves !

Cette dérégulation a autorisé les pratiques à risque de ces fonds ,en recourant aux activités de trading en Bourse avec l'autorisation de vente à découvert procédé non contrôlé...
 
J’achète des valeurs sans fonds propres, je spécule en attendant la hausse des valeurs, je vends à terme et encaisse la plus value, si jamais le système s’effondre c’est la panique en bourse…
Le système s’auto-alimente, défiance croissante des banques,puis limitation du crédit, ralentissement économique, entreprises en difficulté financière, licenciements, recul de la consommation et recours à l’épargne, le monde se paralyse…

Les affaires éclatent jour après jour, les pertes financières des Banques ayant joué avec notre argent pour leurs profits exclusifs et ceux des gros actionnaires sont considérables voire gigantesques! 

Malgré une opacité et des tentatives désespérées de camouflage et de manipulation des bilans, la crise éclate.

Il faut se rendre à l'évidence, les Banques ont joué au Casino avec notre argent, elles ont perdu mais cela va être encore à nous de renflouer ces capitaux volatilisés.

Cette crise financière et boursière va servir d'alibi à de nombreuses entreprises pour délocaliser à tout va.

C'est la récession générale, licenciements, fermeture d'usines, montée du chômage, précarité encore plus grande, ce marasme international commence à provoquer des mouvements sociaux en France et en Europe, les USA ont un nouveau Président qui communique sur la relance économique.

Pour ne pas être en reste, notre Président de la République organise un sommet européen destiné à changer les règles du jeu , c'est le sommet du G20 qui s'est tenu à Londres.

Nous vous proposons d'analyser ce fameux sommet et ses conséquences dans notre prochain dossier: G20 Vraies Solutions  ou Ecran de Fumée ?
  

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