Partager l'article ! Le pouvoir ou le chant des sirènes... 14/05/09: Survivre en politique: le pouvoir et le chant des sirènes... En regardant ...
Survivre en politique: le pouvoir et le chant des sirènes...
En regardant cet étrange ballet ,de femmes et d'hommes politiques, prêts à sacrifier leurs convictions d'antan, pour briller à la cour du pouvoir, qu'ils soient de France ou d'ailleurs,
j'ai essayé de faire coïncider deux mots: politique et morale.
L'Histoire m'a toujours fasciné, analyser le passé c'est comprendre le présent et parfois anticiper sur l'avenir.
D'aussi loin que remonte la notion de pouvoir et son exercice, l'Histoire nous présente son éternel recommencement.
A croire que l'Homme n'utilise son intelligence qu'au moment du présent pour ne pas avoir honte de se voir dans le miroir de l'immoralité qu'il dénonçait jusqu'alors.
On les surnomme, traîtres, félons, ou bien pis encore, certains étant devenus des spécialistes hors pair du changement de costumes ou de vestes, dignes de figurer en tête d'affiche sur le chapiteau géant du cirque du pouvoir.
Mais ne serait ce point, de fait, la notion de pouvoir qui rend amnésique ?
''En politique, il n'y a pas de traîtres, il n'y a que des perdants'' a dit André Thérive, sentence certes brutale mais bien d'actualité.
Le dénominateur commun de cette faible engeance est le discours rôdé que l'on sert à souhait : « je continuerai à servir l'Etat et le peuple sans relâche... je ne peux davantage trahir tous mes principes en restant fidèle en un parti auquel je ne crois plus...j'ai choisi de servir mon Pays quelles qu'en soient les conséquences pour moi... » etc.
C'est beau, presque touchant, on s'avilit parfois mais sans jamais s'égarer.
Clemenceau nous a apporté un éclairage intéressant « Celui qui quitte votre parti pour aller dans un autre est un traitre, celui qui vient d'un autre parti pour rejoindre le votre est un converti », comme quoi la morale en politique se doit d'être élastique.
Plus proche encore de nous, Georges Pompidou nous donne encore une clé pour comprendre :
« passer sa vie dans l'opposition est, pour un homme politique, ce que serait pour un poète se condamner à lire et à juger les vers des autres » d'où la volonté féroce d'accéder enfin au pouvoir.
Mais à y réfléchir de près, n'est ce point là le risque majeur de décrédibiliser ainsi le concept de l'homme politique qui se doit d'être fidèle à ses valeurs ?
Appeler au nom de l'ouverture, un opposant reconnu ,obéit à une tactique immédiate, fragiliser son opposition en la déstabilisant, et donner une image de démocratie en adéquation avec les vœux pieux d'une opinion qu'on manipule.
C'est avant tout mettre en pratique deux pensées de Talleyrand : « En politique ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai » et « faire de la politique c'est savoir aussi agiter le peuple avant de s'en servir »
C'est la tactique de la mise en scène, la méthode ''people'', la course aux médias, les photos glamour, le show des vedettes, et par-dessus tout l'omniprésence de la parole, en feignant d'ignorer ce que l'on sait, et de savoir tout de ce qu'on ignore, comme le disait Beaumarchais.
Cette tactique est elle le fruit d'une stratégie ?
Si oui, le risque est immense, d'une part cela fortifie les inimitiés au sein de son propre clan, car chacun attend sa place à la cour, et chacun connaît des amis de trente ans, mais plus grave et lourd de conséquences, c'est montrer le mépris dans lequel on conçoit l'idéal politique.
C'est donner raison aux adeptes du raccourci facile : tous pourris, tous les mêmes, etc.
C'est probablement en abandonnant toute idée de morale en politique que l'on construit le règne de l'abstention au vote. Image dérisoire de l'intégrité des valeurs et d'actions, servie en pâture aux médias ,si friands de ce scoop, pour ne voir que son nom tout en haut de l'affiche .
C'est voir grossir dans les rues les cortèges de ceux qui n'ont plus foi en la représentation politique, ceux qui, au nom de la morale, se sont sentis trahis ; '' les mécontents, disait Talleyrand, c'est les pauvres qui réfléchissent !''
Cette stratégie, si stratégie il y a, comporte en elle les gènes de sa défaite.
A la pensée de Michelet qui disait « la politique est l'art d'obtenir l'argent des riches et les voix des pauvres au prétexte de les protéger les uns des autres », je vous propose celle d'un homme politique qui a su, en son temps, rassembler le peuple de gauche.
François Mitterand a eu cette phrase : « L'homme politique s'exprime d'abord par ses actes, c'est d'eux dont il est comptable, discours et écrits ne sont que des pièces d'appui au service de son œuvre d'action »
Je souhaite simplement pouvoir, un jour, écrire un article sur la morale de la politique ou la politique de la morale, sans avoir à m'excuser par avance, de ne parler que de concept ou de vœux pieux, car la noblesse de la politique, est par essence, d'être faite par des hommes au service des hommes, pour servir un idéal de morale et de partage de valeurs humaines, exprimé par notre devise : Liberté, Egalité, Fraternité.
MARC CARREY
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